SAFuffit ! M’enfin !

Les SAF, ou Sustainable Aviation Fuel, soit Carburant Aéronautique Durable en français, nommés ainsi par l’industrie aéronautique, sont apparus dans le paysage dès 2012.

L’idée est simple et intéressante, plutôt que d’extraire du pétrole fossile, élaborer des carburants à base de biomasse. C’est ainsi que sont nés les SAF de première génération élaborés à partir de cultures dédiées, notamment à partir d’huile de palme. Le problème est que cela marchait tellement bien que très vite des forêts ont été coupées, des terres agricoles ont été réaffectées pour produire de l’huile de palme. Le bilan des SAF était alors beaucoup moins reluisant : déforestation, accaparement des terres arables, concurrence avec l’alimentation, perte de biodiversité, culture intensive, etc. Nous ne pouvions pas continuer ainsi, les SAF de première génération ont alors été interdits au profit des SAF de seconde génération. Ces nouveaux carburants sont produits avec des « déchets » agricoles ou forestiers. Bien entendu ces « déchets », ainsi nommés par l’industrie, étaient déjà utilisés ailleurs, comme engrais ou comme matériaux de construction. Autre problème, les quantités disponibles ne sont en aucune manière suffisantes pour répondre aux besoins gargantuesques de l’aviation qui ne fait que s’ajouter aux autres types de transports qui utilisent la quasi-totalité des « bio-carburants » produits dans le monde. L’industrie aéronautique a trouvé la parade en réintroduisant, Ô miracle !, certains « sous-produits » issus des cultures d’huiles de palme, relançant ainsi une industrie sur le déclin suite aux nombreux problèmes provoqués par cette culture intensive.

L’industrie aéronautique, en bon pionnier, cherche toujours à avoir un coup d’avance. Elle a vite compris que les SAF de seconde génération ne tiendraient pas longtemps. Tout comme pour l’industrie du numérique, la 4G appelle la 5G, les SAF 2G appellent les SAF 3G ! L’industrie projette donc d’ouvrir des fermes océaniques pour faire pousser ses SAF de troisième génération ! Imaginez une planète avec 70% de sa surface couverte par des océans ! Vous y êtes, l’industrie projette d’exploiter les océans afin de produire ses futurs carburants. Comment ? En plantant des algues génétiquement modifiées dans des méga fermes océaniques pour ensuite les transformer en carburant. Ainsi, pas de concurrence avec des terres arables, pas d’expropriation de méchants paysans hostiles au progrès et des millions de km² disponibles pour une industrie assoiffée.

Les océanographes sont abasourdis : est-ce que les personnes qui imaginent ces fermes savent dans quel état sont les océans ? Savent-ils la quantité de nutriments nécessaire pour faire pousser des algues en quantité astronomiques ?


Entre acidification et extinction de masse, en passant par des étendues d’eaux asphyxiées de plus en plus larges, comment en demander plus aux océans ? Nous lui devons déjà tant. Tout cela pour maintenir la croissance du trafic aérien ? Vraiment ? M’enfin !

D’autres voies sont possibles :

  • Stopper la croissance du trafic aérien qui va à l’encontre du consensus scientifique
  • Maintenir un trafic soutenable et partager l’accès au ciel
  • Partager le travail et en faire un droit
  • Investir dans la recherche pour trouver de réelles solutions durables
  • Accompagner les personnes pour qu’elles contribuent à un monde respectueux du vivant

Des solutions existent pour nous organiser aujourd’hui et ne pas hypothéquer notre avenir à de simples paris technologiques. Mesdames, Messieurs les ministre du transport européen, nous vous demandons de prendre des mesures fortes les 3 et 4 février prochain lors du sommet de l’aviation organisé par la France.

Look up !

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